2006Archiver

déc 29

15 284 lettres occupant treize volumes de la Pléiade.
Les sujets ? un crime à punir, un conseil à donner, une guerre qui tue quelque part, trois bidets à commander quand la mode les réclame.
Des lettres qui circulent dans toute l’Europe et que l’on s’arrachent.

iLife
Voltaire, gravure de Baquoy
Wikipedia - Image du domaine public

Telle est la correspondance de Voltaire telle qu’elle nous est présentée par Le Nouvel Observateur dans son dernier numéro (consultation réservée aux abonnés ou payante) de l’année 2006.
A cet aulne, Voltaire fait ainsi figure de premier blogueur avant l’heure et François Reynaert, dans un autre article intitulé “Le parrain des journalistes?” de ce même numéro, ne manque pas de faire le même rapprochement que j’ai effectué à la lecture de “Voltaire : L’emmerdeur”.

«Pourquoi ne pas voir aussi quelque chose d’éminemment moderne - on y vient- dans cette idée que l’on peut connaître le monde en conversant de pair à pair avec ses semblables? Oui, je pense aussi à la façon dont internet, les blogs, les témoignages de personne à personne bouleversent notre société de l’information. Ca y est, les puristes sont au bord de l’attaque cardiaque, j’ai osé comparer le prince épistolier aux petits scribouillards du Net.» (François Reynaert)

Et comparer, c’est risquer l’anachronisme, pêché mortel pour l’historien, pêché véniel pour tenter de comprendre le monde. Surtout celui dans lequel nous vivons.

Les parallèles entre Voltaire et notre époque ne s’arrêtent pas là en un temps où l’on assiste au retour de l’intolérance et de l’obscurantisme. Voltaire et les Lumières sont plus que jamais d’actualité. Le programme voltairien ? Ecraser l’infâme, c’est-à-dire la bêtise, l’injustice, la superstition, le fanatisme. Moi j’y souscris !

Le programme n’est pas toujours facile :

«Que répondre à un homme qui vous dit qu’il aime mieux obéir à Dieu qu’aux hommes et qui, en conséquence, est sûr de mériter le Ciel en vous égorgeant? » (Voltaire, Dictionnaire philosophique)

Cependant : «Le sang innocent crie et, moi, je crie aussi; et je crierai jusqu’à ma mort» (Voltaire dans l’affaire Calas)

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La Liberté guidant le peuple par Eugène Delacroix (1830) (Musée du Louvre, Paris)

Il me reste à vous adresser tous mes meilleurs voeux pour 2007. Nous en aurons bien besoin!

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nov 24
A la suite d’une demande d’un étudiant du M078 - Transposition didactique en histoire, je vous mets en ligne quelques références relatives au concept de Tiers-Monde :”Le terme tiers monde a été inventé par l’économiste et démographe français Alfred Sauvy en 1952, en référence au tiers état (de l’abbé Sieyès) français sous l’Ancien Régime, afin de désigner l’ensemble des pays du globe qui n’appartenaient ni au bloc occidental (Amérique du Nord, Israël, Europe de l’Ouest, Australie…), ni au bloc communiste (URSS, Chine, Europe de l’Est…).”: : 

nov 19

Le blog Mécanique filmique. Films historiques et histoire du cinéma est l’oeuvre d’un doctorant en histoire de la Faculté des Lettres de Nice (France) : Aurélien Portelli. Le sujet de sa thèse aborde “La représentation de l’histoire contemporaine de l’Italie sur grand écran”. Ses orientations de recherche portent surtout sur la mise en récit du passé, la représentation du pouvoir et l’expression de la marginalité dans le cinéma.

Il présente ainsi les objectifs de son blog :

Mon idée est de créer un blog sur le cinéma, non seulement pour publier des critiques et des réflexions sur les films, mais également pour établir un tremplin culturel diversifié. L’objet filmique en soi ne me suffit pas. Ce qui m’intéresse particulièrement, c’est de partir d’un film, puis de créer un lien vers quelque chose d’autre. La pensée d’un auteur, une musique, un tableau. Aussi, au-delà de l’émotion cinéphilique, comment le cinéma nous connecte-t-il à d’autres éléments du savoir ? Comment nous amène-t-il à penser notre rapport au monde ? Quels aspects de la connaissance sociale nous révèle-t-il ? Voici quelques interrogations que je souhaite prochainement aborder sur cette page web. A très bientôt donc.

Alexandre le Grand

Son blog intéressera tous les étudiants et enseignants en histoire qui souhaitent, d’une manière ou d’une autre, intégrer le film en histoire et pas seulement par rapport au cinéma italien.

Ainsi, Mécanique filmique. Films historiques et Histoire du cinéma propose quatre articles remarquables pour faire le point sur les rapports entre cinéma et histoire :

Il propose également un article de synthèse sur le cinéma et la guerre du Vietnam.

Chaque mois, un film est plus particulièrement présenté.

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nov 03

En septembre 2003, un colloque était organisé à Paris par le Centre d’Histoire sociale sur le thème des Usages politiques du passé dans la France contemporaine. Aujourd’hui, deux ouvrages rendent compte de la richesses des interventions :

Collectif, Usages politiques du passé dans la France contemporaine (2006).  Presses universitaires de Provence, coll. «Le Temps de l’histoire».

• Vol. 1, sous la dir. de Claire Andrieu, Marie-Claire Lavabre, Danielle Tartakowsky, «Politiques du passé», 264 p.

• Vol. 2, sous la dir. de Maryline Crivello, Patrick Garcia, Nicolas Offenstadt, «Concurrence des passés», 298 p.

Les thèmes abordés par les différentes contributions sont très larges et diversifiés. Des utilisations de l’Histoire par les présidents de la République, on passe à celles qui en sont faites par des mouvements régionalistes. Un détour est possible par des événements devenus des références nationales françaises. De même sont interrogés des faits douloureux de la mémoire collective française, comme la Guerre d’Algérie, l’esclavage ou la Première Guerre mondiale. Mais d’autres usages du passé sont examinés comme la Légion d’honneur ou l’Internet. Les usages de l’Histoire faits dans l’enseignement ne sont pas oubliés. Cette centration sur la France n’empêche donc pas un intérêt pour les enseignants ou historiens suisses.

D’autant que l’actualité ne cesse de montrer que l’Histoire constitue un enjeu politique important. Les remous principalement en Suisse allemande autour du Rapport Bergier et de son emploi en classe, la question du génocide des Arméniens ou la sortie en France du film Indigènes en sont quelques exemples récents. 

On lira donc avec intérêt le compte-rendu de ces deux ouvrages effectués pour les Clionautes par Frédéric Stévenot.

Je terminerai à l’aide de la conclusion faite par Frédéric Stévenot dans son compte-rendu :

“Les Usages politiques du passé dans la France contemporaine constituent un ouvrage destiné e priorité à un public averti, étudiants ou enseignants. On peut aussi le considérer comme un outil de réflexion pour le citoyen soucieux de décoder les manifestations historiques les plus banales, en apparence, en l’aidant à découvrir les enjeux servis derrière la façade festive. Ce citoyen averti peut aussi être à l’occasion un enseignant, sollicité fréquemment pour participer qui à des reconstitutions, à des cérémonies commémoratives, qui à la visite de lieux reconstitués, qui au visionnement de films à caractère historique… Chacun pourra donc trouver matière à prendre le recul critique nécessaire et indispensable avant de s’engager, seul ou, pis encore, avec sa classe.”

Bonne lecture du compte-rendu et des deux ouvrages.

oct 21

Les Editions Autrement ont publié récemment, dans leur collection Atlas- Mémoires, un Atlas des esclavages. (Traites, sociétés coloniales et abolitions de l’Antiquité à nos jours). 80 Pages - 15.0€ ISBN : 2-7467-0878-7

Atlas des esclavages (couverture)

La présentation de l’ouvrage par les Editions Autrement :

L’esclavage est la négation de l’être humain, réduit à l’état de force de travail brut. Il ne peut être ramené ni à une civilisation, ni à un espace géographique, ni à une époque donnée ; c’est l’une des formes les plus constantes de la domination d’hommes par d’autres hommes. La dispersion des nombreuses recherches érudites sur la traite négrière, les sociétés esclavagistes et les processus d’abolition rend difficile, voire impossible, une vision d’ensemble de ces phénomènes historiques de très longue durée. L’ambition de cet atlas est toutefois de présenter les grandes lignes des connaissances historiques actuelles sur ces sujets qui font débat.
Depuis l’Antiquité jusqu’au xxie siècle, toutes les formes d’esclavage et de traite sont ici prises en compte. L’expansion de la traite, de l’économie de plantation et l’internationalisation des échanges ont pour contrepartie l’essor d’un mouvement abolitionniste structuré sur le plan international. La législation abolitionniste est issue de la convergence des révoltes serviles, multiformes, inséparables de la condition servile elle-même, et de la prise de conscience qui se développe en Europe occidentale avec la pensée critique. Tous ces phénomènes font l’objet dans cet atlas de cartographies comparatives, donnant une vision spatiale de faits historiques trop souvent étudiés séparément.
Ainsi, à travers plus de 150 cartes et infographies, se déroule la longue histoire des pratiques esclavagistes et de leurs conséquences jusqu’à nos jours, faisant de cet Atlas des esclavages un instrument de travail novateur et efficace.

Compléments
Daniel Letouzey a mis en ligne sur son site clioweb la table des matière ainsi que trois cartes de l’ouvrage.

Deux sites francophones en rapport avec l’esclavage et son abolition :
        •        Les Anneaux de la mémoire
        •        L’abolition / Les abolitions de l’esclavage

Par ailleurs, le site anglophone de Sue Peabody, Professeur associée d’histoire Washington State University Vancouver recense une mine de ressources (textes, images, films) essentiellement issu du monde anglophone (référence via Daniel Letouzey).

Nos précédents billets ayant trait à l’esclavage et à la traite négrière:

        •        Journée de la mémoire de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions (10 mai)
        •        Enseigner les questions sensibles du XXe siècle
        •        La Suisse et l’esclavage
        •        Retour du bon temps des colonies
        •        Quelle Europe négrière ? (Eric Saugera:: Histoire Géographie Créteil)

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