septembre, 2006Archiver

sept 14
Beevor - Guerre d'Espagne
La Guerre d’Espagne de l’Anglais Anthony Beevor remporte en Espagne un grand succès depuis 2005. Beevor avait déjà publié en 1982 (après six ans de travail) une première version de cet essai historique. C’est son éditeur espagnol qui l’a poussé à rédiger une nouvelle mouture en bénéficiant des travaux les plus récents ainsi que l’accès aux archives allemandes et soviétiques.
Cela nous permet de lire aujourd’hui ce livre réaliste ni hagiographique à l’égard des Républicains, ni silencieux sur les exactions du camp nationaliste.
Pour une présentation plus détaillée de l’ouvrage, vous pouvez lire le compte-rendu de Libération “Une nouvelle Guerre d’Espagne”
Relativement aux Suisses et à la Guerre d’Espagne, je vous renvoie à mon billet “Les Suisses et la Guerre d’Espagne (1936-1939)” qui vous fournira également à un certain nombre de liens relatif à des sites “généralistes” sur la Guerre d’Espagne.

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sept 03

Ils ont tombé la veste. Ils courent en chemise et en bretelles, crosse de bois en main, à travers la lande comme les enfants d’ici. Ils crient, se bousculent de l’épaule, se taquinent du regard. C’est un match de hurling, le plus vieux sport d’Irlande. Un hockey sur gazon, plus rapide, plus sauvage, plus rieur. Ici, pas de terrain. Juste la campagne, les herbes hautes et l’orge penché par le vent. Ici pas de joueurs. Juste une poignée de paysans, d’amis rudes et de frères, comme Damien et Teddy. La partie est finie. Vestes sur l’épaule, cheveux en désordre, les gars rentrent à la ferme en parlant haut. Nous sommes en 1920. Ce doit être le printemps. La campagne frissonne. Tout est calme, reposé, fraternel. Sur le pas de sa porte, bonnet de dentelle et tablier bleu, la vieille Peggy accueille les garçons comme on attend le ciel. Il y a du feu dans la cheminée. Le thé est prêt.
Et voici que surgit la meute. Une horde en uniforme vert sombre et fauve. Ils sont Anglais, arrivés par bateaux entiers pour prêter main forte à la lutte contre les républicains irlandais. Les Black and Tans ne sont pas des soldats réguliers. […] On leur dit qu’ils combattent une force «dangereuse et brutale», alors ils terrorisent.
Et les voilà qui arrivent à la ferme, qui descendent des camions en hurlant, fusil épaulé, baïonnette au canon. […] «Salopards de catholiques !» hurle un Anglais. «Sale truie !» crache un autre en repoussant la vieille Peggy. Les crosses de fusil s’abattent. Les joueurs de hurling sont brutalement adossés au mur de la ferme. Un officier anglais rappelle que les rassemblements d’hommes sont interdits. Il leur ordonne de se déshabiller. Claquement des culasses. […] «Ton nom ?» «Micheail», répond le plus jeune. «En anglais !» ordonne le Black and Tan. «Micheail», répète le gamin. Les autres supplient, jurent qu’il ne parle que le gaélique, que c’est son prénom en irlandais et qu’il n’a que 17 ans. «Ton nom, putain d’Irlandais ?» Le jeune homme, front levé. «Micheail» . Des hommes l’emmènent dans la remise et le tuent.

Libération (23.08.2006)

Ces images sont les premières du Vent se lève, palme d’or du Festival de Cannes qui a laissé a part belle à l’histoire. Si Indigènes (voir notre billet précédent) a reçu le prix d’interprétation masculine pour ses cinq comédiens, Le Vent se lève de Ken Loach a, pour sa part, raffler la Palme d’Or :”(Par contre, on évitera le film Marie-Antoinette de Sofia Coppola; à ce sujet lire notre billet Marie-Antoinette en ado lassante.)”:.

C’est en Irlande et dans les années 1920 que Ken Loach a planté le décor de son film. L’intrigue ? Des paysans s’unissent pour former une armée de volontaires contre les redoutables Black and Tans, troupes anglaises envoyées par bateaux entiers pour mater les velléités d’indépendance du peuple irlandais. On suit leur trajectoire, la victoire contre les Britaniques, mais aussi la division entre les Irlandais qui mêne elle à la guerre civile. Et dans le film, deux frères qui deviennent ennemi.

Vous retrouverez des informations complémentaires sur ce film sur le site “Comme au cinéma”.
Sur la guerre au cinéma, on lira avec attention Godard : film de guerre / film sur la guerre de Netlex News

sept 02

Tract en arabe et en français diffusé dans la nuit du 7 au 8 novembre 1942
Source : http://tadrart.com/tessalit/indigenes/espacehistoire2.html
Indigènes de Rachid Bouchareb est certainement le film événement de la rentrée (scolaire) en France. Au travers de l’histoire quatre personnages, il narre l’histoire des 130′000 “indigènes” (Maghrébins et Noirs africains) qui vont fouler pour la première fois le sol français en 1943 et sont engagés dans l’armée française pour libérer “la mère patrie” de l’ennemi nazi.
Présenté à Cannes, le film a reçu le prix d’interpréation masculine pour ses cinq acteurs principaux : Jamel Debouze, Samy Nacéry, Roschdy Zem, Sami Bouajila et Bernard Blancan.
Pour accompagner la sortie du film le 27 septembre, un dossier pédagogique en ligne a été conçu par l’excellent site “Zéro de conduite” en collaboration avec la production du film.
On peut également consulter le site du film lui-même qui propose notamment un dossier avec les articles de la presse (critiques de film) et des documents d’histoire (photos, cartes, documents).
Par ailleurs, Djamel Debouze revient dans Altérité sur son engagement dans le film.
Un film à voir et pour réfléchir.

Mise à jour (22.09.2006)

L’hebdomadaire Le Point revient à son tour sur le film de Bouchareb : Des héros si ordinaires dont le chapeau indique:
Ni revanchard ni repentant, « Indigènes », de Rachid Bouchareb, rend hommage aux tirailleurs africains pendant la Seconde Guerre mondiale. Rappel historique et histoire d’un film.
Cet article -ainsi que les trois autres qui l’accompagne- offre un utile complément à notre billet sur ce même film. Titre des trois autres articles:
- Histoire - Entretien avec Dominique Lormier (historien, auteur de «C’est nous, les Africains. L’épopée de l’armée française d’Afrique, 1940-1945» (Calmann-Lévy))
- Témoignage - Entretien avec le tirailleur, Youb Lalleg
- Témoignage - “Quel prix peut avoir le sang versé ?”

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