C’est l’excellent site d’informations en ligne Rue89 qui nous fournit cette superbe problématique historique, via les résultats d’une recherche internationale conduite par Peter Brecke, chercheur en science politique du Georgia Institute of Technology d’Atlanta aux Etats-Unis et dont les conclusions sont publiées dans les Proceedings of the National Academy of Sciences:
Et si les crises climatiques et les guerres étaient liées ?
La recherche a créé une base une base de données de 4500 conflits qui se sont produits à travers le monde entre 1400 et 1900, puis David Zhang, chercheur en géologie de l’université de Hong Kong a rassemblé des données climatiques et des étudiants ont collecté des informations sur la production agricole et ses prix.
Pour autant, nous n’aurions guère à nous réjouir sur le plan des conflits du réchauffement climatique, car Peter Brecke n’exclut pas qu’un réchauffement climatique puisse avoir les mêmes effets :
“des températures plus élevées sont responsables de sécheresses qui peuvent avoir les mêmes effets : baisse des ressources naturelles et violences pour se les approprier”.
Le fondateur de l’entreprise Günther Quandt avec ses fils Harald (à gauche) und Herbert (à droite).
Photo: Scherl reprise dans le Sueddeutsche Zeitung
Ce jeudi, le journal Libération nous apprend que la famille Quandt, l’une des plus puissantes familles d’industriels allemands, a finalement cédé à la pression. Les propriétaires de BMW vont ouvrir leurs archives afin de faire la lumière sur une sombre page de leur passé, l’implication des deux figures historiques du clan, Günter Quandt et son fils Herbert, dans les crimes nazis.
Qu’est-ce qui les a amenés aujourd’hui à une telle démarche? Les recherches minutieuses et le documentaire de la chaîne de télévision publique allemande NDR, montré en avant-première au festival du cinéma de Hambourg fin septembre, et qui sera diffusé le 22 novembre sur la chaîne ARD, est à l’origine de ce retournement spectaculaire.
Les journalistes Eric Friedler et Barbara Siebert y démontrent la façon dont la famille, déjà richissime avant la guerre, a profité du nazisme puis du conflit pour s’enrichir davantage. Plus étonnant, la famille a réussi à passer sans encombre au travers des mailles de la dénazification alors que, sans aucun doute, ils auraient été condamnés tout comme les familles Krupp ou Flick : usines travaillant comme rouage essentiel de la machine de guerre allemande, personnel fourni par les camps de concentration à la mortalité élevée (“Au camp de Stocken, on meurt en six mois”, disaient les SS aux nouveaux venus, selon un rescapé danois interrogé), rachat à bas prix et sans scrupule d’entreprises de Juifs concurrentes.
De gauche à droite: Magda Goebbels (ex-Quandt), Josef Goebbels, Adolf Hitler (derrière) et son fils Harald Quandt, issu de son premier mariage avec Günther Quandt.
Photo: Scherl reprise dans le Sueddeutsche Zeitung
Pour sa part l’historien allemand Joachim Scholtyseck, professeur à l’Université de Bonn et spécialiste du Troisième Reich, fait des recherches sur la famille Quandt depuis 3 ans. Deux intéressants articles de la Sueddeutsche Zeitung sont consacrés aux travaux du professeur Stoff für den unabhängigen Historiker (19.11.2007):”(dont les deux photos de mon billet sont issues)”: et Die Familie Quandt bricht ihr Schweigen (05.10.2007).
Dans les débats actuels autour du rôle de la presse et de son devenir (Roger De Diesbach (2007) Presse futile presse inutile. Genève: Slatkine), ce travail d’enquête salutaire prend tout son sens. Autrement la peopolisation des médias jouera à terme contre la démocratie.
C’est la version du Figaro en ligne qui nous l’apprend :
Parmi les dix sites les plus visités, le cabinet de mesure d’audience Comscore relève que Google est toujours en tête, avec près de 20 millions de visiteurs uniques. Il est suivi par le site de Microsoft qui enregistre 17 millions de visiteurs uniques. Wikipedia, de son côté, enregistre la meilleure progression avec 24 % de visiteurs en plus, ce qui lui vaut un score de 10 millions d’internautes au total.Une tendance que Delphine Gatignol, responsable du développement chez comScore France, attribue à la rentrée scolaire et notamment aux nouveaux comportements des étudiants qui utilisent Wikipedia comme outil de recherche.
Quoique chacun d’entre nous pense de Wikipedia, cette encyclopédie en ligne est devenue un incontournable en milieu scolaire. On peut crier, s’indigner, vouloir interdire l’utilisation de l’Internet par les élèves. La digue a déjà sauté, les amarres sont rompues, les habitudes prises ou se prennent.
Quelles sont les conséquences pour le travail de l’enseignant-e? Quelles pistes de travail? Pour ma part, je préconise (une nouvelle fois):
• accompagnons nos élèves dans cet univers et offrons-leur des jalons, des outils pour leur apprendre à naviguer dans ce nouveau rapport aux sources du savoir sur Wikipedia ou ailleurs.*
• proposons-leur des vraies démarches de recherches personnelles et non pas des tâches de pure restitution de savoir, car dans ce dernier cas, nos élèves ont tout à fait raison de travailler par simple couper/coller.**
• sortons du manichéisme internet, c’est mal ou internet, c’est la panachée universelle.
• et si nous réfléchissions avec nos élèves dans quelle mesure ce type de site modifie notre rapport et notre accès au savoir ainsi que notre rapport à la lecture?
Merci à Mme Membrey (et à ses élèves) pour la publication de cette information issue du journal Le Figaro (24 % de visiteurs en plus pour Wikipedia ! : l’ABC de l’élève futé). Mon billet se veut aussi l’autre face de la question puisque je m’intéresse au côté enseignant-e alors que son billet s’intéresse au pôle élève. Mme Membrey leur rappelle les règles de base suivantes :
• A : un élève futé est un élève qui ne se contente pas d’utiliser Internet pour faire ses travaux de recherche !
B : un élève futé est un élève qui ne se contente pas d’utiliser une seule source d’information sur la Toile.
C: un élève futé est un élève qui aime les livres et qui consulte des encyclopédies ” papier “fiables pour ce faire.
D ? : un élève futé dit toujours oui à Mme Membrey .
* Et je pense qu’ici le travail de la validation des sources fait par l’historien prend toute sa valeur et sa pertinence sociale.
** D’ailleurs sommes-nous si sûr que les enseignant-e-s que nous sommes ne procédions jamais par couper/coller sans citer et nous distancier de nos sources?
C’est le journal Le Monde qui m’apprend dans son édition du jour que le ministère de la culture italien a présenté mardi la découverte de la grotte où aurait été allaités par une louve les fondateurs de Rome, Romulus et Remus. Ainsi le mythe deviendrait histoire.
C’est en travaillant sur les ruines du palais de l’empereur Auguste, sur le mont Palatin, entre le temple d’Apollon et l’église Sainte-Anastasie, que des archéologues ont découvert cette cavité souterraine ornée de coquillage, de mosaïques et de niches.
Ils ont fait descendre dans cette cavité, située à seize mètres sous terre, une sonde reliée à une caméra. Les images prouveraient qu’il s’agit bien de la célèbre grotte. Une autre preuve en serait que l’empereur Auguste avait englobé dans son palais ce haut lieu symbolique de l’histoire de Rome, comme le montre l’aigle impérial blanc qui se trouve au centre de la voûte.
Réalisée dans le cadre d’un cours universitaire d’anthropologie, cette courte vidéo résume quelques-unes des caractéristiques les plus importantes relatives aux étudiant-e-s aujourd’hui (comment ils apprennent, comment ils souhaitent apprendre, leurs objectifs, espoirs, rêves, comment leur vie devrait être et quelles sortes de changements ils voudraient expérimenter durant leur existence). Elle a été créée et réalisée par Michael Wesch avec la collaboration de 200 étudiant-e-s à l’Université d’Etat du Kansas.La présentation du professeur Wesch : http://mediatedcultures.net/ksudigg/?p=119
La démarche résumée par Wesch :
This video was created by myself and the 200 students enrolled in ANTH 200: Introduction to Cultural Anthropology at Kansas State University, Spring 2007. It began as a brainstorming exercise, thinking about how students learn, what they need to learn for their future, and how our current educational system fits in. We created a Google Document to facilitate the brainstorming exercise, which began with the following instructions […]
Ce travail résume bien à mon avis l’apprentissage dans le monde d’aujourd’hui et la manière des les aborder à l’aide des technologies. Ceci tant par rapport à
• la démarche choisie par l’enseignant-e (ici universitaire),
• l’engagement actif des étudiant-e-s dans la recherche,
• le rôle des technologies dans la démarche et les apprentissages,
• la manière de présenter et communiquer les résultats obtenus par la recherche.
L’interaction est véritablement au coeur du processus. Elle ne se limite pas d’ailleurs à la recherche en elle-même puisqu’elle se poursuit lors de la publication des résultats obtenus (commentaires à la suite de la vidéo).
Cette interaction permet même à une étudiante de lancer une nouvelle démarche de recherche/réflexion. Celle-ci propose une inversion de la démarche qui devient A Vision of Professors Today (by Sandra). A lire aussi…
L’élève, l’étudiant-e n’est ainsi pas uniquement un «consommateur» de savoir, mais également un producteur d’un savoir partagé.