septembre, 2007Archiver

sept 26

DR | L’historien américain Raul Hilberg

Dans son édition du mardi 25 septembre 2007, le journal Le Courrier revient sur la disparition récente de Raoul Hilberg (décédé le 4 août 2007) et propose une page entière au travail réalisé par cet historien relativement à son ouvrage majeur et capital sur le génocide juif : “La destruction des juifs d’Europe”.
L’article intitulé «Le tournant historiographique» est particulièrement intéressant pour comprendre l’apport de Raoul Hilberg relativement à l’historiographie du génocide et des génocides en général:”(Ainsi dans la dernière édition de son ouvrage, régulièrement remis à jour, Raoul Hilberg consacre un chapitre au génocide rwandais. Eric Vigne, ami et éditeur français de Hilberg chez Gallimard, expliquait à Rue89 que ce chapitre sur le Rwanda participait à la démonstration de Hilberg et qu’il voulait ainsi s’adresser aux tenants de la bataille du “pourquoi?”, qu’avec ce nouveau génocide, où l’Europe n’avait rien fait, il s’agissait d’arrêter de dire que la connaissance historique permet d’agir et qu’il fallait plutôt s’appliquer à cerner le “comment?”.)”:

S’il considère le génocide juif comme «un événement sans précédent, un acte primordial jamais imaginé avant qu’il surgît», comme il l’explique dans La Politique de la mémoire, il démontre dans toute son oeuvre qu’il n’y a pas de plan central d’extermination, comme il n’existe pas de Führerbefehl pour supprimer les populations juives européennes, car cet ordre n’est pas nécessaire.
En affirmant la nature bureaucratique de la destruction et en soulignant la division du travail, Hilberg s’oppose à une interprétation faisant de Hitler un homme surpuissant et diabolique ou celle d’un génocide mis en place par quelques antisémites fanatiques. La décentralisation de la destruction des juifs réclamant la participation de tous les organismes disposant des moyens d’accomplir leur part de travail, il penche plutôt pour une concurrence des institutions qui aboutit à ce que l’historien allemand Hans Mommsen appelle une «radicalisation cumulée». Véritable initiateur d’un nouveau courant historiographique, Hilberg contribue au développement des Holocaust and Genocide Studies dont les nombreuses revues et les programmes universitaires soulignent l’importance. Rechignant à utiliser le mot «Holocauste», problématique étymologiquement parlant, Raul Hilberg se montre aussi critique face à la globalisation de la mémoire du génocide juif et à son instrumentalisation. Il n’hésite pas à dénoncer les organisations juives américaines – notamment sur leurs demandes de réparation contre les banques suisses – ou à défendre ses collègues, comme Norman Finkelstein écarté de son poste après la parution de L’Industrie de l’Holocauste.

Ces articles du Courrier présentent l’avantage d’être consultables en ligne : Penser la destruction des juifs d’Europe.

sept 25
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L’astrolabe réalisé pour 21 degrés de latitude sud. (Source : CultureMath)

En découvrant le site CultureMath, via son dossier sur la Géométrie de la Grèce antique (voir notre billet d’hier), je suis également «tombé» sur la fort intéressante dépêche suivante :

“Un astrolabe pour l’hémisphère sud” est une animation proposée par l’IREM de la Réunion pour la fête de la science. Un groupe de professeurs du lycée Édouard-Branly de Créteil, dont le noyau est composé de Gérard Delaforge (productique), Thierry Boucher (physique), Philippe Dutarte (mathématiques), ont réalisé un astrolabe pour l’hémisphère sud à la demande de Dominique Tournès, professeur à l’IUFM de la Réunion, spécialement pour la fête de la science 2007. Celle-ci aura lieu du 12 au 18 novembre à la Réunion, soit un mois plus tard qu’en métropole: le temps pour les visiteurs du nord de traverser l’océan en bateau en se guidant avec l’astrolabe. L’opération est fiancée par l’IREM de la Réunion et Sciences Réunion.

Philippe Dutarte présente cette animation en exclusivité pour CultureMATH: c’est ici.

Pour en savoir plus sur l’astrolabe, voir Les instruments de l’astronomie ancienne, de l’antiquité à la Renaissance de Philippe Dutarte.

sept 24

CultureMath ouvre l’année scolaire 2007-2008 avec un grand dossier de Bernard Vitrac sur les Géomètres de la Grèce antique. Le dossier présente les oeuvres d’Hippocrate, Euclide, Archimède, Apollonius, Ptolémée, Héron, Ménélaos…, et évoque des lieux et des contextes historiques particulièrement importants pour l’histoire des mathématiques (les cités ioniennes, Athènes, Alexandrie…). Il se répartit en dix articles qui ont été publiés dans la revue “Les Génies de la Science” (numéro 21), et que CultureMath diffusera progressivement. Ce mois-ci, vous découvrirez L’origine de la géométrie grecque et Le cas Hippocrate.

Voilà un dossier intéressant tant pour l’enseignant-e de mathématiques que pour l’enseignant-e d’histoire!

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sept 24
Le Matin Online > L’héritier d’Alix lance sa propre série historique - Loisirs > Culture (dimanche 22 septembre 2007)

Après dix-huit ans de travail auprès de son «maître» Jacques Martin, l’auteur d’origine suisse Rafael Morales lance «Hotep», sa propre série dont l’histoire se situe dans l’Egypte antique. Le premier volume, «Le scribe de Karnak», est cette semaine. Le Journal Le Matin Dimanche a rencontré l’auteur qui précise les intentions de son sujet :

«Je savais que je voulais traiter de l’Egypte, explique Rafael Morales. Je suis passionné par le sujet depuis toujours. J’ai essayé de trouver une période vierge, originale.» «Hotep», qui mêle fiction et cadre historique, se situe donc en 278 avant Jésus Christ, «rencontre entre l’Egypte millénaire et l’hellénisme conquérant». L’ouvrage se veut accessible à tous, et pas seulement aux connaisseurs de l’histoire égyptienne: «Il y a certains termes spécialisés expliqués par des notes. Mais l’histoire aurait pu se dérouler ailleurs… Ce n’est surtout pas une BD didactique!»

Le héros, Hotep, a une famille, des amis, et se retrouve confronté aux bouleversements de l’époque, au choc des cultures, à la corruption, etc. Morales s’imagine son personnage central «évoluer, vieillir au fil des albums».


Rafael Morales dispose d’un blog sur lequel il raconte son quotidien pendant la création d’«Hotep»: http://rafaelmorales.canalblog.com/. Vous pourrez y lire notamment un interview comparable à celui accordé au Matin Dimanche, en plus développé, réalisé par son éditeur Glénat.

«Hotep. Tome I, Le scribe de Karnak», par Rafael Morales, Glénat, en vente dès le 26 septembre.

La couverture illustre d’emblée la filiation de l’auteur avec Jacques Martin et Alix. Presque trop ?

sept 21
Dans L’Histoire de la Russie revisitée par Poutine, le «petit père des peuples» est un héros.
Vladimir Poutine avait réclamé au début de l’été des manuels d’histoire plus patriotiques. Sa volonté a été accomplie. L’Académie des sciences a donné son feu vert mercredi à un nouveau manuel scolaire intitulé L’Histoire de la Russie de 1945 à 2006, présentant Staline comme «l’un des plus grands leaders de l’époque soviétique», dont les purges de 1937 étaient un «mal nécessaire» pour contribuer à la grandeur du pays. Le manuel, destiné au secondaire, doit servir de base pour l’étude de l’histoire dès la rentrée prochaine.
Par ailleurs, dans cette nouvelle mouture, les années Eltsine sont dépeintes sous un jour plus sombre et Vladimir Poutine est le sujet principal d’un chapitre consacré à la démocratie russe.
Cette relecture de l’Histoire, réminiscence des vieilles pratiques soviétiques, a été réalisée en partie par des analystes proches du Kremlin.

Extraits d’un article publié par Adèle Smith (Moscou) dans le journal 24Heures du vendredi 21 septembre 2007.

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