2007Archiver

nov 05

Merci à Alain Hubler pour son billet (Le racisme inconscient) et la vidéo trouvée de Kahm Piankhy qui traite du racisme et de son invention.Merci aussi à Pascal Blanchard, historien et chercheur associé au CNRS de Marseille, et à ses explications claires et limpides. 

Le racisme inconscient

Uploaded by www-Piankhy-com 

Décidément la bêtise et la méchanceté humaine (et celle des Européens dans le cas présent) et sans limite.

oct 29

Roy Rosenzweig (1950—2007)

Roy Rosenzweig n’est pas un historien fort connu dans nos contrées. C’est dommage. Historien américain, il est un des pionniers relativement à l’histoire et l’utilisation des nouveaux médias. Ses préoccupations portaient notamment sur la mise à disposition de ressources historiques sous forme digitale (Digital history).

Parmi ses travaux, il faut noter
- la réalisation d’un CD-Rom sur l’histoire américaine en deux volumes “Who built america ?” (volume 1 et volume 2).
- le co-fondateur en 1994 du Center for History and New Media.
- de supports de cours sur le web en relation notamment avec l’histoire américaine (History Matters. The U.S. survey course on the web) ou de l’histoire mondiale (World History Matters)
- d’un guide pour les étudiants et chercheurs en histoire des ressources digitales (Digital History: A Guide to Gathering, Preserving, And Presenting the Past on the Web) dont le titre résume bien les préoccupations et les orientations du travail de Reosenzweig.
- plusieurs essais en relation avec le travail de l’historien à l’ère des ressources digitales dont un récent article “Can History be Open Source? Wikipedia and the Future of the Past” [traduction en français par Clioweb, voir aussi notre billet Sur Wikipedia et l’Histoire (Clioweb et Rosenzweig)]. Ce dernier article souligne aussi son intérêt constant pour l’enseignement de l’histoire à l’ère digitale.
- d’une banque de données digitales regroupant les ressources les plus diverses en relation avec les attentats du 11 septembre 2001 (The September 11 Digital Archive).

Son champ d’actions et de recherches était fort large puisqu’il englobe autant des considérations sur la conservation du passé à l’ère digitale (questions archivistiques), que sur leur utilisation dans la construction de l’histoire (questions historiques) ou que sur la formation historique des élèves (questions éducatives). Mais, il était avant tout un militant pour un accès libre à la connaissance historique sur le web. Il est décédé début octobre d’un cancer des poumons.

Liens:

Roy Rosenzweig: Everyone a Historian
• La notice de l’American Historical Association
Remembering Roy Rosenzweig de Dan Cohen (co-directeur avec Rosenzweig du Center for History and New Media)
Digital Historian Roy A. Rosenzweig du Washington Post
Bibliographie de ses principaux travaux (curriculum vitae)
• Ses livres sur Amazon (US)

oct 11

“Ils ne périront pas”: comité américain de soutien des arméniens dans le Proche-Orient, Douglas Volk, 1918 (Source : Wikipedia)
Après le programme pétrole contre nourriture, les Etats-Unis vont-ils lancer un programme d’abandon de la morale contre un soutien de la Turquie dans son expédition irakienne?:”(près de 70 % du ravitaillement aérien destiné à l’Irak, un tiers du carburant et 95 % des engins blindés, vitaux pour les soldats américains, transitent par la Turquie)”:
Dans tous les cas, les relations entre les Etats-Unis et la Turquie entrent dans une ère de turbulence suite à un vote du Congrès américain reconnaissant le génocide arménien au début du XXe siècle dans l’Empire ottoman. [Un vote au Congrès américain sur le génocide arménien indigne Ankara Le Monde.fr : 11.10.07]. Les pressions du président Georges Bush, des membres de son gouvernement —ainsi que la présence de l’ambassadeur turc aux Etats-Unis au deuxième rang de la salle des auditions de la commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants— n’y ont rien fait en ce mercredi 10 octobre

Au final, le texte, non contraignant, de la commission, a été voté par 27 voix contre 21 et sera envoyé à la Chambre des représentants pour examen en séance plénière. Il affirme que le massacre des Arméniens durant la Première Guerre mondiale a été un génocide et que cela doit être pleinement reconnu par la diplomatie américaine, notamment dans sa politique vis-à-vis de la Turquie.

La résolution va désormais être présentée devant la Chambre des représentants où un vote pourrait avoir lieu d’ici à la mi-novembre. Par ailleurs, un texte similaire à celui adopté par la commission circule d’ores et déjà au Sénat. En cas d’adoption, le président Bush pourra toujours exercer, en dernier recours, son droit de veto. Déjà, en octobre 2000, le président de l’époque, Bill Clinton, avait réussi à s’opposer à l’adoption d’une telle résolution.

A noter que la notion de génocide a été reconnue notamment par la Suisse, la France, le Canada et le Parlement européen.:”(Le site du Comité de Défense de la Cause Arménienne [CDCA] vous permet notamment de suivre l’actualité de la reconnaissance du génocide arménien.)”: Concernant la Suisse, le 16 décembre 2003, le Conseil national suisse (chambre basse du parlement) a reconnu l’existence du génocide arménien par 107 voix contre 67 – et 11 abstentions – et demandé au Conseil fédéral (gouvernement) d’en prendre acte puis de transmettre la position du Conseil national par les voies diplomatiques usuelles. Deux autres parlements de cantons suisses, Genève en 1998 et Vaud en 2003 ont également voté des résolutions comparables.

Liens:

1.- La controverse sur le génocide arménien sur Wikipedia
• article Génocide arménien
• article Négation du génocide arménien
le débat sur l’article Négation du génocide arménien

2.- Suisse : condamnation de Dogu Perinçek, négationniste du génocide arménien (2007)
LeMonde.fr : La Suisse condamne un Turc pour négation du génocide…
De Turquie, Blocher provoque une polémique en Suisse en critiquant la norme antiracisme qui a conduit à une procédure en Suisse contre deux Turcs pour leurs affirmations sur le génocide arménien.

3. Petite encyclopédie du génocide arménien : Un blog qui vaut le détour

Ouvrages sur le génocide arménien

• Gérard Chaliand, Yves Ternon (2006). 1915, le génocide des Arméniens. Bruxelles: Complexes (5e édition)
• Vahakn N Dadrian (1995). Autopsie du génocide arménien. Paris: Stock
Des éléments du livre en ligne sur GoogleBooks.
• Jean-Marie Carzou (1975). Un génocide exemplaire: Arménie 1915. Paris: Flammarion.
Le livre en ligne : http://www.imprescriptible.fr/carzou/

oct 11

A la suite de la deuxième séance du MSHIS31 Didactique de l’histoire I, cette brève du site pointblog.com prolonge votre discussion sur la fiabilité des sites web et des encyclopédies en ligne plus particulièrement :

545 000 articles dans la version francophone de Wikipédia qui serait contrôlée par 158 administrateurs bénévoles nous dit l’article de 4 pages que lui consacre le mensuel L’Ordinateur Individuel. On y trouve deux courtes interviews, une de Denis Fasse (Encyclopédia Universalis) : ‘Wikipédia colle à l’actualité, ce que nous ne pouvons pas faire…. En revanche, nous pouvons faire appel à un spécialiste du climat pour expliquer, sur notre site ou sur le DVD, l’impact du réchauffement climatique sur le développement des cyclones.’ et Olivier Jacquot (conservateur à la Bibliothèque Nationale de France) : ‘Les erreurs présentes dans Wikipédia ne sont qu’un épiphénomène par rapport au volume de données disponibles.

On pourra également lire le billet suivant : Sur Wikipedia et l’Histoire (Clioweb et Rosenzweig)

Ainsi que la comparaison effectuée entre Wikipedia et une encyclopédie papier (Brtiannica):
Wikipedia-Britannica : la polémique sans fin (Homo Numericus)
Wikipedia 4 – Britannica 3 ! (Ecrans de veille en éducation)

Une autre polémique (francophone cette fois-ci) est issue du travail réalisée par des étudiants de Sciences-Po sous la direction de Pierre Assouline:
Les erreurs traquées de Wikipédia (Ecran.fr)
Quand des étudiants de Science Po vandalisent Wikipédia… (WikiNews)
Controverse à la sauce wikipédia (Agence Science-Presse)
Wikipedia: à la recherche de l’équilibre (medievizmes.net) Article publié après un premier billet de Pierre Assouline de janvier 2007

Enfin, une démarche francophone à l’intention des élèves de 8-13 ans de contribution à une encyclopédie collaborative en ligne basée sur les principes du Wiki (et donc de Wikipedia) : Vikidia. Une manière originale de participer à un projet et de mieux comprendre le fonctionnement d’une encyclopédie telle que Wikipedia ?

sept 26

DR | L’historien américain Raul Hilberg

Dans son édition du mardi 25 septembre 2007, le journal Le Courrier revient sur la disparition récente de Raoul Hilberg (décédé le 4 août 2007) et propose une page entière au travail réalisé par cet historien relativement à son ouvrage majeur et capital sur le génocide juif : “La destruction des juifs d’Europe”.
L’article intitulé «Le tournant historiographique» est particulièrement intéressant pour comprendre l’apport de Raoul Hilberg relativement à l’historiographie du génocide et des génocides en général:”(Ainsi dans la dernière édition de son ouvrage, régulièrement remis à jour, Raoul Hilberg consacre un chapitre au génocide rwandais. Eric Vigne, ami et éditeur français de Hilberg chez Gallimard, expliquait à Rue89 que ce chapitre sur le Rwanda participait à la démonstration de Hilberg et qu’il voulait ainsi s’adresser aux tenants de la bataille du “pourquoi?”, qu’avec ce nouveau génocide, où l’Europe n’avait rien fait, il s’agissait d’arrêter de dire que la connaissance historique permet d’agir et qu’il fallait plutôt s’appliquer à cerner le “comment?”.)”:

S’il considère le génocide juif comme «un événement sans précédent, un acte primordial jamais imaginé avant qu’il surgît», comme il l’explique dans La Politique de la mémoire, il démontre dans toute son oeuvre qu’il n’y a pas de plan central d’extermination, comme il n’existe pas de Führerbefehl pour supprimer les populations juives européennes, car cet ordre n’est pas nécessaire.
En affirmant la nature bureaucratique de la destruction et en soulignant la division du travail, Hilberg s’oppose à une interprétation faisant de Hitler un homme surpuissant et diabolique ou celle d’un génocide mis en place par quelques antisémites fanatiques. La décentralisation de la destruction des juifs réclamant la participation de tous les organismes disposant des moyens d’accomplir leur part de travail, il penche plutôt pour une concurrence des institutions qui aboutit à ce que l’historien allemand Hans Mommsen appelle une «radicalisation cumulée». Véritable initiateur d’un nouveau courant historiographique, Hilberg contribue au développement des Holocaust and Genocide Studies dont les nombreuses revues et les programmes universitaires soulignent l’importance. Rechignant à utiliser le mot «Holocauste», problématique étymologiquement parlant, Raul Hilberg se montre aussi critique face à la globalisation de la mémoire du génocide juif et à son instrumentalisation. Il n’hésite pas à dénoncer les organisations juives américaines – notamment sur leurs demandes de réparation contre les banques suisses – ou à défendre ses collègues, comme Norman Finkelstein écarté de son poste après la parution de L’Industrie de l’Holocauste.

Ces articles du Courrier présentent l’avantage d’être consultables en ligne : Penser la destruction des juifs d’Europe.

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