avr 28
Howard Zinn est l’auteur d’une
Histoire populaire des Etats-Unis. Cette histoire des États-Unis présente le point de vue de ceux dont les manuels d’histoire parlent habituellement peu. L’auteur confronte avec minutie la version officielle et héroïque -de Christophe Colomb à George Walker Bush- aux témoignages des acteurs les plus modestes. Les Indiens, les esclaves en fuite, les soldats déserteurs, les jeunes ouvrières du textile, les syndicalistes, les GI du Vietnam, les activistes des années 1980-1990, tous, jusqu’aux victimes contemporaines de la politique intérieure et étrangère américaine, viennent ainsi battre en brèche la conception unanimiste de l’histoire officielle.
En ce début d’avril, Howard Zinn, en collaboration avec l’historien Paul Buhle et le cartooniste Mike Konopacki, publie A People’s History of American Empire. Sous la forme d’une BD, cet ouvrage débute avec les événements du 11 septembre 2001, puis explore les cycles de l’expansion américaine dans le monde depuis Wounded Knee à l’Irak en passant par la Première Guerre mondiale, l’Amérique centrale, la guerre du Vietnam et la Révolution irannienne.
Basée sur la BD et avec la voix off de Viggo Mortensen, la vidéo “Empire or Humanity? What the Classroom Didn’t Teach Me about the American Empire” présente et résume l’ouvrage:
jan 13

Le
Musée historique de Lausanne possède plus de 300′000 photographies de la capitale vaudoise, datant de 1850 à nos jours. Pour mieux faire connaître cette richesse, l’institution vient de sortir un catalogue de 144 pages regroupant une centaine de clichés.
Chaque chapitre de l’ouvrage développe un thème particulier:
• De l’enfance à l’âge adulte
• L’épopée sanitaire
• La bourgeoisie dans le miroir
• Le monde ouvrier de l’autre côté du miroir
• Femmes en images
• Le temps des loisirs
• Le sport en lumière
• L’armée, du caché au dévoilé
• L’art de se vendre
• Le progrès en marche
MUSÉE HISTORIQUE DE LAUSANNE/EUGÈNE WÜRGLER
1919 La place de la Riponne, bien avant qu’elle ne serve de parking dessus, puis dessous, accueillait le marché aux bestiaux. A l’époque, les chevaux étaient encore très utilisés, notamment pour les travaux de voirie.
Chaque chapitre est précédé d’une courte explication. Le tout pour un étonnant voyage dans le temps.
Le catalogue photographique du Musée historique de Lausanne est vendu au prix de 29 francs. On peut le commander auprès du Musée historique : musee.historique@lausanne.ch.
Si ce premier ouvrage s’attache aux aspects sociaux et humains, il est destiné à être suivi d’un second volume dédié à l’espace urbain et à son équipement. On s’en réjouit déjà.
Tags: HistoireLocale, Lausanne, photographies, HistoireSociale, Loisirs, Bourgeoisie, Ouvriers, Femmes
sept 26

DR | L’historien américain Raul Hilberg
Dans son édition du mardi 25 septembre 2007, le journal Le Courrier revient sur la disparition récente de Raoul Hilberg (décédé le 4 août 2007) et propose une page entière au travail réalisé par cet historien relativement à son ouvrage majeur et capital sur le génocide juif : “La destruction des juifs d’Europe”.
L’article intitulé «Le tournant historiographique» est particulièrement intéressant pour comprendre l’apport de Raoul Hilberg relativement à l’historiographie du génocide et des génocides en général:”(Ainsi dans la dernière édition de son ouvrage, régulièrement remis à jour, Raoul Hilberg consacre un chapitre au génocide rwandais. Eric Vigne, ami et éditeur français de Hilberg chez Gallimard, expliquait à Rue89 que ce chapitre sur le Rwanda participait à la démonstration de Hilberg et qu’il voulait ainsi s’adresser aux tenants de la bataille du “pourquoi?”, qu’avec ce nouveau génocide, où l’Europe n’avait rien fait, il s’agissait d’arrêter de dire que la connaissance historique permet d’agir et qu’il fallait plutôt s’appliquer à cerner le “comment?”.)”:
S’il considère le génocide juif comme «un événement sans précédent, un acte primordial jamais imaginé avant qu’il surgît», comme il l’explique dans La Politique de la mémoire, il démontre dans toute son oeuvre qu’il n’y a pas de plan central d’extermination, comme il n’existe pas de Führerbefehl pour supprimer les populations juives européennes, car cet ordre n’est pas nécessaire.
En affirmant la nature bureaucratique de la destruction et en soulignant la division du travail, Hilberg s’oppose à une interprétation faisant de Hitler un homme surpuissant et diabolique ou celle d’un génocide mis en place par quelques antisémites fanatiques. La décentralisation de la destruction des juifs réclamant la participation de tous les organismes disposant des moyens d’accomplir leur part de travail, il penche plutôt pour une concurrence des institutions qui aboutit à ce que l’historien allemand Hans Mommsen appelle une «radicalisation cumulée». Véritable initiateur d’un nouveau courant historiographique, Hilberg contribue au développement des Holocaust and Genocide Studies dont les nombreuses revues et les programmes universitaires soulignent l’importance. Rechignant à utiliser le mot «Holocauste», problématique étymologiquement parlant, Raul Hilberg se montre aussi critique face à la globalisation de la mémoire du génocide juif et à son instrumentalisation. Il n’hésite pas à dénoncer les organisations juives américaines – notamment sur leurs demandes de réparation contre les banques suisses – ou à défendre ses collègues, comme Norman Finkelstein écarté de son poste après la parution de L’Industrie de l’Holocauste.
Ces articles du Courrier présentent l’avantage d’être consultables en ligne : Penser la destruction des juifs d’Europe.