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nov 14

Réalisée dans le cadre d’un cours universitaire d’anthropologie, cette courte vidéo résume quelques-unes des caractéristiques les plus importantes relatives aux étudiant-e-s aujourd’hui (comment ils apprennent, comment ils souhaitent apprendre, leurs objectifs, espoirs, rêves, comment leur vie devrait être et quelles sortes de changements ils voudraient expérimenter durant leur existence). Elle a été créée et réalisée par Michael Wesch avec la collaboration de 200 étudiant-e-s à l’Université d’Etat du Kansas.La présentation du professeur Wesch : http://mediatedcultures.net/ksudigg/?p=119

 La démarche résumée par Wesch :

This video was created by myself and the 200 students enrolled in ANTH 200: Introduction to Cultural Anthropology at Kansas State University, Spring 2007. It began as a brainstorming exercise, thinking about how students learn, what they need to learn for their future, and how our current educational system fits in. We created a Google Document to facilitate the brainstorming exercise, which began with the following instructions […]

Ce travail résume bien à mon avis l’apprentissage dans le monde d’aujourd’hui et la manière des les aborder à l’aide des technologies. Ceci tant par rapport à

• la démarche choisie par l’enseignant-e (ici universitaire),

• l’engagement actif des étudiant-e-s dans la recherche,

• le rôle des technologies dans la démarche et les apprentissages,

• la manière de présenter et communiquer les résultats obtenus par la recherche.

L’interaction est véritablement au coeur du processus. Elle ne se limite pas d’ailleurs à la recherche en elle-même puisqu’elle se poursuit lors de la publication des résultats obtenus (commentaires à la suite de la vidéo).

Cette interaction permet même à une étudiante de lancer une nouvelle démarche de recherche/réflexion. Celle-ci propose une inversion de la démarche qui devient A Vision of Professors Today (by Sandra). A lire aussi…

L’élève, l’étudiant-e n’est ainsi pas uniquement un «consommateur» de savoir, mais également un producteur d’un savoir partagé.

oct 29

Roy Rosenzweig (1950—2007)

Roy Rosenzweig n’est pas un historien fort connu dans nos contrées. C’est dommage. Historien américain, il est un des pionniers relativement à l’histoire et l’utilisation des nouveaux médias. Ses préoccupations portaient notamment sur la mise à disposition de ressources historiques sous forme digitale (Digital history).

Parmi ses travaux, il faut noter
- la réalisation d’un CD-Rom sur l’histoire américaine en deux volumes “Who built america ?” (volume 1 et volume 2).
- le co-fondateur en 1994 du Center for History and New Media.
- de supports de cours sur le web en relation notamment avec l’histoire américaine (History Matters. The U.S. survey course on the web) ou de l’histoire mondiale (World History Matters)
- d’un guide pour les étudiants et chercheurs en histoire des ressources digitales (Digital History: A Guide to Gathering, Preserving, And Presenting the Past on the Web) dont le titre résume bien les préoccupations et les orientations du travail de Reosenzweig.
- plusieurs essais en relation avec le travail de l’historien à l’ère des ressources digitales dont un récent article “Can History be Open Source? Wikipedia and the Future of the Past” [traduction en français par Clioweb, voir aussi notre billet Sur Wikipedia et l’Histoire (Clioweb et Rosenzweig)]. Ce dernier article souligne aussi son intérêt constant pour l’enseignement de l’histoire à l’ère digitale.
- d’une banque de données digitales regroupant les ressources les plus diverses en relation avec les attentats du 11 septembre 2001 (The September 11 Digital Archive).

Son champ d’actions et de recherches était fort large puisqu’il englobe autant des considérations sur la conservation du passé à l’ère digitale (questions archivistiques), que sur leur utilisation dans la construction de l’histoire (questions historiques) ou que sur la formation historique des élèves (questions éducatives). Mais, il était avant tout un militant pour un accès libre à la connaissance historique sur le web. Il est décédé début octobre d’un cancer des poumons.

Liens:

Roy Rosenzweig: Everyone a Historian
• La notice de l’American Historical Association
Remembering Roy Rosenzweig de Dan Cohen (co-directeur avec Rosenzweig du Center for History and New Media)
Digital Historian Roy A. Rosenzweig du Washington Post
Bibliographie de ses principaux travaux (curriculum vitae)
• Ses livres sur Amazon (US)

oct 11

A la suite de la deuxième séance du MSHIS31 Didactique de l’histoire I, cette brève du site pointblog.com prolonge votre discussion sur la fiabilité des sites web et des encyclopédies en ligne plus particulièrement :

545 000 articles dans la version francophone de Wikipédia qui serait contrôlée par 158 administrateurs bénévoles nous dit l’article de 4 pages que lui consacre le mensuel L’Ordinateur Individuel. On y trouve deux courtes interviews, une de Denis Fasse (Encyclopédia Universalis) : ‘Wikipédia colle à l’actualité, ce que nous ne pouvons pas faire…. En revanche, nous pouvons faire appel à un spécialiste du climat pour expliquer, sur notre site ou sur le DVD, l’impact du réchauffement climatique sur le développement des cyclones.’ et Olivier Jacquot (conservateur à la Bibliothèque Nationale de France) : ‘Les erreurs présentes dans Wikipédia ne sont qu’un épiphénomène par rapport au volume de données disponibles.

On pourra également lire le billet suivant : Sur Wikipedia et l’Histoire (Clioweb et Rosenzweig)

Ainsi que la comparaison effectuée entre Wikipedia et une encyclopédie papier (Brtiannica):
Wikipedia-Britannica : la polémique sans fin (Homo Numericus)
Wikipedia 4 – Britannica 3 ! (Ecrans de veille en éducation)

Une autre polémique (francophone cette fois-ci) est issue du travail réalisée par des étudiants de Sciences-Po sous la direction de Pierre Assouline:
Les erreurs traquées de Wikipédia (Ecran.fr)
Quand des étudiants de Science Po vandalisent Wikipédia… (WikiNews)
Controverse à la sauce wikipédia (Agence Science-Presse)
Wikipedia: à la recherche de l’équilibre (medievizmes.net) Article publié après un premier billet de Pierre Assouline de janvier 2007

Enfin, une démarche francophone à l’intention des élèves de 8-13 ans de contribution à une encyclopédie collaborative en ligne basée sur les principes du Wiki (et donc de Wikipedia) : Vikidia. Une manière originale de participer à un projet et de mieux comprendre le fonctionnement d’une encyclopédie telle que Wikipedia ?

juil 29

La Bastille dans les prémiers jours de sa demolition.“La Bastille dans let premiers jours de sa démolition, le 20 julliet 1789″
Source: © Photothèque des Musées de la Ville de Paris/Joffre/Degraces “La Bastille dans let premiers jours de sa démolition, le 20 julliet 1789″ (Ref. 9 CAR 1493). Huile sur toile (77×114 cm)

Le site américain Liberty, Equality, Fraternity propose un ensemble de médias fort intéressants (images, textes, cartes, chansons, frise chronologique) en lien avec la Révolution française. Au total, le site regroupe plus de 600 sources (documents primaires) en collaboration avec le Center for History and New Media (George Mason University) et l’American Social History Project (City University of New York), avec le soutien de la the Florence Gould Foundation et du National Endowment for the Humanities.
Pour replacer ces images dans le contexte révolutionnaire, douze thèmes sont présentés et développés tel les causes sociales de la Révolution, les femmes et la révolution, les chants révolutionnaires, l’héritage révolutionnaire ou la guerre, la terreur et la résistance à la révolution.
Les textes, cartes et chansons sont en anglais et pourraient être utilisés pour un enseignement bilingue ou en lien avec un enseignement en anglais. Pour les images, elles forment un ensemble de 245 images, présenté ainsi par le site:

“Below you can browse through a list of 245 images included in Liberty, Equality, and Fraternity. The largest number are political cartoons. But we also include paintings and images of artifacts such as fans and buttons. The images are drawn from many repositories, but particularly from the Museum of the French Revolution in Vizille in southwest France and Olin Library at Cornell University. An essay on how to read images provides useful background”.

De plus, le site propose un ensemble intéressant d’essais ( au format .pdf) sur la révolution française et les images. Les essais couvrent des thèmes que la violence révolutionnaire ou la représentation des femmes dans les foules révolutionnaires.

Dans une perspective pédagogique, le site propose aussi tout un travail sur “Comment regarder les images” (”How to read images“) qui intéressera les enseignant-e-s et leurs élèves. Ainsi à la deuxième page de ce travail, l’auteur aborde la question suivante : «How could an engraver or a painter make the viewer realize that a particular event had a specifically revolutionary character?» (Comment un graveur ou un peintre peut-il amener le spectateur qu’un événement particulier a des caractéristiques révolutionnaires?). En outre, pour faciliter le travail des enseignant-e-s et des élèves, un choix a été effectué relativement aux images pour en pré-sélectionner plus particulièrement quarante-deux (Imaging the French Revolution).
A ce sujet, il est à noter que c’est essentiellement la face violence jumelée à celle de la remise en cause de l’ordre social (exécution du roi ou de Marie-Antoinette) qui sont mises en avant :”(On lira avec intérêt l’article de Casey Harison The French Revolution on Film: American and French Perspectives dans «the History Teacher.»)”: En cela, le dossier se rapproche quelque peu de la vision “burkienne” (et donc réactionnaire) de la révolution française [Edmund Burke (1790). Réflexions sur la Révolution de France] A moins que cela soit une manière de mettre en évidence la différence fondamentale entre la guerre d’Indépendance des Etats-Unis et la Révolution française. En effet, pour Howard Zinn, alors que la révolution française est une révolution populaire remettant en cause l’ordre social établi, l’Indépendance des Etats-Unis est un mouvement indépendantiste conduit par des aristocrates fortunés (Blancs, anglo-saxons, fortunés et conservateurs), cherchant à maintenir ses privilèges et sa domination sur les autres composantes sociales (classes populaires, Noirs, Indiens…). [Zinn H. (2004). Une histoire populaire des Etats-Unis. De 1492 à nos jours. Paris: Editions AGONE, 812 pages]

D’un point de vue didactique, cet ensemble de sources historiques s’intègre à une démarche didactique et pédagogique permettant aux élèves de construire leur connaissance et compréhension historique à l’aide de sources à l’image de l’historien. Un des chevaux de bataille d’une partie des didacticiens en histoire américain.

Mes remerciements vont au site revolutionfrancaise.net pour m’avoir fait découvrir ce site.

avr 13
Récemment il a été question de Google Earth (à lire l’article du journal Libération : Darfour : Google Earth témoin occulaire) avec la mise en ligne d’un dossier sur la situation au Darfour. Ce dossier a été réalisé par “The United States Holocaust Memorial Museum”.
Cet actualité brûlante et désespérante trouve une traduction en ligne en tout point remarquable.
Dans le même temps, ce dossier m’a permis de découvrir un autre dossier tout aussi remarquablement réalisé: mapping the holocaust qui permet d’interfacer Google Earth avec the Holocaust Encyclopedia. Cette encyclopédie est d’ailleurs disponible également en français (sans Google Earth) : Encyclopédie multimédia de la Shoah.

mapping the holocaust

Jusqu’à présent, j’avais associé Google Earth avec la géographie. Grâce à l’initiative de l’United States Holocaust Memorial Museum, j’ai entrevu des opportunités dans l’utilisation de Google Earth dans le domaine de l’histoire.
Cette première exploration a abouti à la réalisation d’un mini-dossier (1 page) dans la partie consacrée au Médias&Technologies : Google Earth et Histoire. Ce mini-dossier s’articule autour des trois axes indissociables, selon moi, de l’éducation aux médias et aux technologies: donner à voir, donner à faire, donner à réfléchir (voir mon précédent billet : Réfléchis avant de poster).
Bien entendu, ce mini-dossier n’a pas la prétention à l’exhaustivité relativement à l’utilisation de Google Earth en classe d’histoire. Vos expériences et vos liens seront les bienvenus.

Post-scriptum : la production de matériel pédagogique et de séquence mis à disposition des enseignants d’Outre-Atlantique (voire du monde anglo-saxon) est sans commune mesure avec ce que l’on peut trouver dans nos contrées. Une nouvelle fois, de ce côté-ci de l’Atlantique, l’essentiel de l’effort repose sur les épaules et la bonne volonté des enseignant-e-s. Jusqu’à l’épuisement des bonnes volontés?

Digital history