Ce dernier samedi (12 janvier 2008), le journal Le Courrier publiait en pages 2 et 3 un dossier sur les origines du travail et remontait au néolithique pour en dater l’émergence (L’Invention du travail appartient à la préhistoire). Très bien et même intéressant puisqu’il s’agit d’articles que vous ne trouverez que difficilement dans le reste de la presse quotidienne romande.
Néanmoins, bien que marqué à «gauche», Le Courrier n’a pas échappé aux clichés traditionnels :”(Certains parleraient d’anachronisme)”: et éculés, associant Afrique et préhistoire au détour de la photo retenue pour illustrer l’article:
La supériorité présumée de l’homme blanc n’est jamais loin et l’imaginaire scolaire de nos grands-parents non plus ainsi que l’illustrent ces deux photos issues du manuel primaire d’histoire suisse Grandjean & Jeanrenaud dont la première édition remonte aux années 1940 :”(Cependant les deux photos étaient toujours publiées telles quelles avec la même légende dans sa dernière édition datant de 1973!)”:
Allez encore quelques efforts Mesdames et Messieurs du Courrier en cette année de 140e anniversaire de votre création!
Réalisée dans le cadre d’un cours universitaire d’anthropologie, cette courte vidéo résume quelques-unes des caractéristiques les plus importantes relatives aux étudiant-e-s aujourd’hui (comment ils apprennent, comment ils souhaitent apprendre, leurs objectifs, espoirs, rêves, comment leur vie devrait être et quelles sortes de changements ils voudraient expérimenter durant leur existence). Elle a été créée et réalisée par Michael Wesch avec la collaboration de 200 étudiant-e-s à l’Université d’Etat du Kansas.La présentation du professeur Wesch : http://mediatedcultures.net/ksudigg/?p=119
La démarche résumée par Wesch :
This video was created by myself and the 200 students enrolled in ANTH 200: Introduction to Cultural Anthropology at Kansas State University, Spring 2007. It began as a brainstorming exercise, thinking about how students learn, what they need to learn for their future, and how our current educational system fits in. We created a Google Document to facilitate the brainstorming exercise, which began with the following instructions […]
Ce travail résume bien à mon avis l’apprentissage dans le monde d’aujourd’hui et la manière des les aborder à l’aide des technologies. Ceci tant par rapport à
• la démarche choisie par l’enseignant-e (ici universitaire),
• l’engagement actif des étudiant-e-s dans la recherche,
• le rôle des technologies dans la démarche et les apprentissages,
• la manière de présenter et communiquer les résultats obtenus par la recherche.
L’interaction est véritablement au coeur du processus. Elle ne se limite pas d’ailleurs à la recherche en elle-même puisqu’elle se poursuit lors de la publication des résultats obtenus (commentaires à la suite de la vidéo).
Cette interaction permet même à une étudiante de lancer une nouvelle démarche de recherche/réflexion. Celle-ci propose une inversion de la démarche qui devient A Vision of Professors Today (by Sandra). A lire aussi…
L’élève, l’étudiant-e n’est ainsi pas uniquement un «consommateur» de savoir, mais également un producteur d’un savoir partagé.
Roy Rosenzweig n’est pas un historien fort connu dans nos contrées. C’est dommage. Historien américain, il est un des pionniers relativement à l’histoire et l’utilisation des nouveaux médias. Ses préoccupations portaient notamment sur la mise à disposition de ressources historiques sous forme digitale (Digital history).
Son champ d’actions et de recherches était fort large puisqu’il englobe autant des considérations sur la conservation du passé à l’ère digitale (questions archivistiques), que sur leur utilisation dans la construction de l’histoire (questions historiques) ou que sur la formation historique des élèves (questions éducatives). Mais, il était avant tout un militant pour un accès libre à la connaissance historique sur le web. Il est décédé début octobre d’un cancer des poumons.
Après dix-huit ans de travail auprès de son «maître» Jacques Martin, l’auteur d’origine suisse Rafael Morales lance «Hotep», sa propre série dont l’histoire se situe dans l’Egypte antique. Le premier volume, «Le scribe de Karnak», est cette semaine. Le Journal Le Matin Dimanche a rencontré l’auteur qui précise les intentions de son sujet :
«Je savais que je voulais traiter de l’Egypte, explique Rafael Morales. Je suis passionné par le sujet depuis toujours. J’ai essayé de trouver une période vierge, originale.»«Hotep», qui mêle fiction et cadre historique, se situe donc en 278 avant Jésus Christ, «rencontre entre l’Egypte millénaire et l’hellénisme conquérant». L’ouvrage se veut accessible à tous, et pas seulement aux connaisseurs de l’histoire égyptienne: «Il y a certains termes spécialisés expliqués par des notes. Mais l’histoire aurait pu se dérouler ailleurs… Ce n’est surtout pas une BD didactique!»
Le héros, Hotep, a une famille, des amis, et se retrouve confronté aux bouleversements de l’époque, au choc des cultures, à la corruption, etc. Morales s’imagine son personnage central «évoluer, vieillir au fil des albums».