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oct 10

La série Kaamelott sur M6 rencontre un succès indiscutable. Ainsi, depuis septembre 2004, cette série réunit devant le petit écran une moyenne de 4 millions de télespectateurs. Une grande partie de nos enfants et de nos élèves entrent par le biais de cette série au contact de cette histoire.

Pour ma part, je considère que cette série est l’équivalent pour les jeunes de la BD Astérix de ma propre enfance. Outre son succès, cette série, comme Astérix en son temps, joue avec les stéréotypes relatifs à cette période de l’histoire et notamment ceux que l’on peut rencontrer via les manuels scolaires relativement, par exemple, à la vision des Barbares. A ce titre, les épisodes mettant au prise Arthur avec Attila ou les Burgondes sont extrêmement éclairants.

Dans le même temps, en confrontant Arthur aux Barbares et aux Romains (voir notamment l’épisode “Le Dernier Empereur”), elle remet en cause une vision de l’histoire où les périodes et les éléments historiques se succèdent plus qu’ils ne se superposent. Ainsi, dans notre imaginaire, il y a les Romains, puis leur fin résultant des “invasions barbares”, puis les chevaliers et le moyen-âge auquel appartient Arthur et sa légende.

Kaamelott – Les personnages

KaamWars. La Poetique – Part 2 – (StarWars et Kaamelott réunis)

Digne héritier de Gosciny, Alexandre Astier —auteur, acteur et réalisateur de la série— démontre dans le numéro de septembre d’Historia l’étendue du travail réalisé, le background historiographique nécessaire à sa réalisation, les libertés prises en toute conscience et sa réflexion à l’oeuvre dans cette série télévisuelle. [A lire l’entretien avec Alexandre Astier]
L’ensemble de ce dossier d’Historia —dont une partie des articles reste en ligne— offre d’intéressantes perspectives pour une utilisation en classe tant en rapport avec l’univers médiatique des élèves, que des questions de mythe ou histoire relativement à l’utilisation arthurienne tant dans la société médiévale qu’aujourd’hui ou des questions de permanence/rupture.
La série “Kaamelott” nous offre une entrée fort intéressante à la question : “Quel moyen âge?” qu’il s’agisse de l’univers imaginaire ou idéologique des gens de cette époque, de celui qui a traversé les siècles depuis la Renaissance ou de celui présent aujourd’hui.

De plus, il est possible de replacer Kaamelott dans le cadre des productions sur le moyen âge au cinéma et notamment au moyen d’une comparaison entre la série et le film du Roi Arthur (2004) au travers de leur rapport à la connaissance historique.

Références complémentaires :

• Arthur dans l’article Imaginaire de l’Historia Thématique “Le Moyen Âge de A à Z”
Roi Arthur (Wikipedia)
Sur les routes d’Avalon
Mythes, contes et légendes de la FranceLe roi Arthur
Le Guichet du Savoir : Arthur a-t-il vraiment existé ?
Le site de Merlin
• Le roi Arthur – film américain, présentation et analyse de Citadelle

En prolongement / conclusion
Si la place de la légende arthurienne dans notre société, vous échappe ou échappe à vos élèves, la lecture de la dépêche suivante de l’agence Reuters (2002) devrait permettre de lancer le débat :
LONDRES (Reuters) – Le ton est monté entre plusieurs parlementaires britanniques au sujet de la localisation du château du roi Arthur, Camelot, chacun affirmant que la cour du roi légendaire se trouvait dans sa circonscription. 
La dispute a été déclenchée par le projet du cinéaste Steven Spielberg de produire une mini-série télévisée sur le monarque. 
“J’ai lu avec intérêt les histoires exagérées et fausses parues au sujet d’Arthur”, a déclaré Martyn Jones, député de Clywd South, dans le Pays de Galles, devant la Chambre des Communes. 
“J’ai donc décidé de mettre les choses au clair en réfutant ces prétentions spécieuses. Arthur était lié à la Vallée de Llangollen – c’est aussi simple que cela”, a-t-il ajouté. 
David Heath, député de Somerton et Frome, dans le sud-ouest de l’Angleterre, a quant à lui insisté sur les liens supposés du roi à sa circonscription, ajoutant que le Somerset serait “un endroit idéal pour tourner un film”. 
Afin de ne pas être en reste, Robert Key, représentant de Salisbury, dans le sud de l’Angleterre, “déplore toute tentative de réécrire l’histoire”. Arthur serait, bien entendu, lié à la région du Wessex, où se trouve Salisbury… 
Il n’y aucune preuve définitive que le roi Arthur était anglais, ou même qu’il soit un véritable personnage historique. Spielberg pourrait d’ailleurs décider de faire des économies de transport… et de tourner la série aux Etats-Unis.
Source de l’info : FunnyNews

sept 03

Ils ont tombé la veste. Ils courent en chemise et en bretelles, crosse de bois en main, à travers la lande comme les enfants d’ici. Ils crient, se bousculent de l’épaule, se taquinent du regard. C’est un match de hurling, le plus vieux sport d’Irlande. Un hockey sur gazon, plus rapide, plus sauvage, plus rieur. Ici, pas de terrain. Juste la campagne, les herbes hautes et l’orge penché par le vent. Ici pas de joueurs. Juste une poignée de paysans, d’amis rudes et de frères, comme Damien et Teddy. La partie est finie. Vestes sur l’épaule, cheveux en désordre, les gars rentrent à la ferme en parlant haut. Nous sommes en 1920. Ce doit être le printemps. La campagne frissonne. Tout est calme, reposé, fraternel. Sur le pas de sa porte, bonnet de dentelle et tablier bleu, la vieille Peggy accueille les garçons comme on attend le ciel. Il y a du feu dans la cheminée. Le thé est prêt.
Et voici que surgit la meute. Une horde en uniforme vert sombre et fauve. Ils sont Anglais, arrivés par bateaux entiers pour prêter main forte à la lutte contre les républicains irlandais. Les Black and Tans ne sont pas des soldats réguliers. […] On leur dit qu’ils combattent une force «dangereuse et brutale», alors ils terrorisent.
Et les voilà qui arrivent à la ferme, qui descendent des camions en hurlant, fusil épaulé, baïonnette au canon. […] «Salopards de catholiques !» hurle un Anglais. «Sale truie !» crache un autre en repoussant la vieille Peggy. Les crosses de fusil s’abattent. Les joueurs de hurling sont brutalement adossés au mur de la ferme. Un officier anglais rappelle que les rassemblements d’hommes sont interdits. Il leur ordonne de se déshabiller. Claquement des culasses. […] «Ton nom ?» «Micheail», répond le plus jeune. «En anglais !» ordonne le Black and Tan. «Micheail», répète le gamin. Les autres supplient, jurent qu’il ne parle que le gaélique, que c’est son prénom en irlandais et qu’il n’a que 17 ans. «Ton nom, putain d’Irlandais ?» Le jeune homme, front levé. «Micheail» . Des hommes l’emmènent dans la remise et le tuent.

Libération (23.08.2006)

Ces images sont les premières du Vent se lève, palme d’or du Festival de Cannes qui a laissé a part belle à l’histoire. Si Indigènes (voir notre billet précédent) a reçu le prix d’interprétation masculine pour ses cinq comédiens, Le Vent se lève de Ken Loach a, pour sa part, raffler la Palme d’Or :”(Par contre, on évitera le film Marie-Antoinette de Sofia Coppola; à ce sujet lire notre billet Marie-Antoinette en ado lassante.)”:.

C’est en Irlande et dans les années 1920 que Ken Loach a planté le décor de son film. L’intrigue ? Des paysans s’unissent pour former une armée de volontaires contre les redoutables Black and Tans, troupes anglaises envoyées par bateaux entiers pour mater les velléités d’indépendance du peuple irlandais. On suit leur trajectoire, la victoire contre les Britaniques, mais aussi la division entre les Irlandais qui mêne elle à la guerre civile. Et dans le film, deux frères qui deviennent ennemi.

Vous retrouverez des informations complémentaires sur ce film sur le site “Comme au cinéma”.
Sur la guerre au cinéma, on lira avec attention Godard : film de guerre / film sur la guerre de Netlex News

sept 02

Tract en arabe et en français diffusé dans la nuit du 7 au 8 novembre 1942
Source : http://tadrart.com/tessalit/indigenes/espacehistoire2.html
Indigènes de Rachid Bouchareb est certainement le film événement de la rentrée (scolaire) en France. Au travers de l’histoire quatre personnages, il narre l’histoire des 130′000 “indigènes” (Maghrébins et Noirs africains) qui vont fouler pour la première fois le sol français en 1943 et sont engagés dans l’armée française pour libérer “la mère patrie” de l’ennemi nazi.
Présenté à Cannes, le film a reçu le prix d’interpréation masculine pour ses cinq acteurs principaux : Jamel Debouze, Samy Nacéry, Roschdy Zem, Sami Bouajila et Bernard Blancan.
Pour accompagner la sortie du film le 27 septembre, un dossier pédagogique en ligne a été conçu par l’excellent site “Zéro de conduite” en collaboration avec la production du film.
On peut également consulter le site du film lui-même qui propose notamment un dossier avec les articles de la presse (critiques de film) et des documents d’histoire (photos, cartes, documents).
Par ailleurs, Djamel Debouze revient dans Altérité sur son engagement dans le film.
Un film à voir et pour réfléchir.

Mise à jour (22.09.2006)

L’hebdomadaire Le Point revient à son tour sur le film de Bouchareb : Des héros si ordinaires dont le chapeau indique:
Ni revanchard ni repentant, « Indigènes », de Rachid Bouchareb, rend hommage aux tirailleurs africains pendant la Seconde Guerre mondiale. Rappel historique et histoire d’un film.
Cet article -ainsi que les trois autres qui l’accompagne- offre un utile complément à notre billet sur ce même film. Titre des trois autres articles:
- Histoire – Entretien avec Dominique Lormier (historien, auteur de «C’est nous, les Africains. L’épopée de l’armée française d’Afrique, 1940-1945» (Calmann-Lévy))
- Témoignage – Entretien avec le tirailleur, Youb Lalleg
- Témoignage – “Quel prix peut avoir le sang versé ?”

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